La politique de la rencontre

La politique de la rencontre

À l’approche des élections municipales, les auteurs de cette tribune invitent élus, candidats et citoyens à imaginer, dans leurs territoires, des politiques de la rencontre. « Cultiver cette écologie relationnelle nous apparaît comme la seule voie pour allier cause sociale et environnementale en un horizon commun », écrivent-ils.

La liste des organisations signataires de cette tribune se trouve à la fin du texte.


Se rappelle-t-on depuis quand nos rêves d’émerveillement et de poésie ont à jamais été brisés ? Notre monde n’en finit pas de s’uniformiser… Les reliefs deviennent plats comme des champs de betteraves. Les maisons n’ont plus les greniers d’autrefois qui nous rapprochaient des rêveries du ciel, ni les caves d’où l’on entendait, au petit matin, les grondements du sol. 

L’uniformisation précarise, les territoires deviennent déséquilibrés. Leurs symboles ont été sacrifiés sur l’autel de la seule productivité, de la seule attractivité. Les modèles économiques successifs les ont vidés de beauté et de sens. On nous impose de traverser notre époque comme nous traversons trop souvent la rue : en allant d’un point à un autre sans écouter, voir et sentir ce qui nous entoure — un arbre, un murmure, une ombre, un sourire. 

Or, briser le lien c’est légitimer l’instrumentalisation des êtres vivants non-humains et ainsi participer à l’érosion de la biodiversité. Construire une société sur une uniformisation ensuite, c’est laisser sur le bas-côté tous les individus qui ne peuvent ou ne veulent pas suivre cette démarche. Les animaux et les plantes aux temporalités très différentes des nôtres. Les milieux populaires tenus à l’écart des opportunités. Les minorités oubliées et saccagées. Les espaces ruraux enclavés. Les villes petites et moyennes, complètement phagocytées par l’emprise métropolitaine. 

L’uniformisation des sociétés occidentales a achevé de détruire ce qui faisait pourtant la fierté des communautés : la diversité et la rencontre de l’altérité. En manipulant la différence, elle a fini par gommer ce qui nous relie à tous les êtres vivants : nous sommes les habitants d’une seule et même planète, à la fois puissante et fragile. Fils et filles de l’entre-deux siècles, nous sommes les enfants de la perte de lien et de sens. Nous sommes les enfants du vide. 

Humains et non-humains sont vulnérables et s’émancipent par la rencontre

Face aux précarités du monde et au désenchantement des territoires, nous affirmons notre refus et opposons notre résistance. L’avenir mérite une autre lecture. Nos vies méritent un autre avenir. Nous l’oublions souvent mais vivre dans l’émancipation, vivre ensemble, a toujours été une question de lien. Car humains et non-humains sont vulnérables et s’émancipent par la rencontre. 

Face aux scénarios ténébreux à venir et aux perspectives d’effondrement, nous avons besoin, à nouveau, de nous sentir appartenir à quelques communs qui ne sont la propriété de personne mais qui nourrissent l’âme d’une lumière nouvelle. Nous avons besoin de chants, d’animaux et de plantes dans nos vies. Nous avons besoin de récits collectifs qui transcendent les générations et prient la pluie de revenir sur des terres cendrées. Nous avons besoin d’une nouvelle résilience, qui se tricote de nos liens avec les autres êtres vivants et irrigue nos réseaux locaux.

Nous avons besoin de chants, d’animaux et de plantes dans nos vies.

Les travaux de la philosophe Corine Pelluchon aident à comprendre les liens qui transcendent nos parcours de vie. Vivre, c’est nécessairement « vivre de » différentes ressources et projets qui finiront par traduire une trajectoire singulière. Vivre demande également de « vivre avec » la pluralité des êtres qui coexistent avec nous dans un environnement donné : nos gestes et nos actes conditionnent par effet de miroir leurs conditions de vie, pour le meilleur comme pour le pire. 

Il y a un certain sentiment de vertige et d’humilité à penser qu’une partie de nos vies ne nous appartient pas. Nous mettons nos pas dans ceux d’une longue série de générations, de penseurs et d’acteurs qui, avant nous, ont dessiné des chemins de crête, construit des villages, célébré sur les places publiques des évènements enracinés dans l’histoire de leur territoire. 

Le paysage que nous arpentons aujourd’hui porte les traces de l’héritage de ces prédécesseurs que nous ne rencontrerons jamais. Leurs fantômes nous invitent sans cesse à (re)considérer notre présent et à prendre conscience que nous façonnons aussi les conditions d’existence des prochaines générations. « Vivre le territoire », c’est donc enfin « vivre pour » ces esprits qui nous ont précédés, et pour celles et ceux qui cultiveront la terre une fois notre chemin terminé. 

Construire une politique de la rencontre, faire vivre un monde de relations

Faire danser les pluralités de la vie en une seule et même ronde invite à penser l’action politique de manière radicalement différente. Les hommes et les femmes politiques pourront-ils un jour mettre leurs égos de côté pour penser enfin la relation à l’échelle de l’expérience partagée 

L’anthropologue Pierre Clastres martelait déjà à la tribune qu’un bon leader n’est jamais patron ni décisionnaire. Il est un agent de liens, un ambassadeur de diversités, un messager de mondes et d’interfaces relationnels. L’échelon local permet un tel déplacement de valeurs. En prenant en compte leur singularité et leurs enjeux, à toutes les échelles, les territoires peuvent devenir le théâtre de l’une des seules politiques systémiques que la pensée est en mesure d’offrir : une politique de la rencontre.

Nous avons besoin de récits collectifs qui transcendent les générations.

Rencontrer, c’est faire « un mouvement de retournement » pour reprendre l’expression du philosophe Malcom Ferdinand, afin de regarder le monde droit dans les yeux et lui offrir sa singularité pour mieux accueillir en retour celle des autres. Bien plus qu’une simple « co-existence », une rencontre pleine et entière propose d’élargir l’horizon des possibles en une multitude de fragments. Elle est le guerrier qui rend les armes ou l’homme d’affaires qui suspend sa course effrénée pour offrir un sourire et quelques mots aux passants. Elle est le bateau qui s’arrête sur chaque île pour comprendre des trésors cachés d’enseignements au lieu de viser une traversée rapide. 

La rencontre est un jardin partagé, des spectacles vivants dans les rues, une caravane de saveurs, un nomade venu de loin pour partager ses mains. La rencontre, c’est aussi l’entreprise multinationale qui arrête de dévorer les ressources d’un monde aux limites finies pour innover et entreprendre différemment. Ce sont les Amérindiens d’Amazonie qui acquièrent enfin la place qu’ils méritent dans les modèles sociaux des terres de Guyane. Ce sont les humains qui partagent espaces et ressources avec le loup et l’ours. C’est le rural qui réclame justice à l’urbain, les Antilles à la métropole ; les Sud aux Nord, les dominés aux dominants.

La rencontre, c’est une invitation à oser, à lire, à écouter, prendre le temps de comprendre l’autre pour ce qu’il est et non pour ce qu’on voudrait qu’il soit. Ne nous méprenons pas, il est difficile d’entrer en relation, de comprendre et de s’ouvrir à la différence. Il est tout aussi difficile de maintenir des relations sans effriter leur qualité, sans laisser entrer, par des chemins de traverse, des conflits, des manipulations, des formes de domination inconscientes qui finissent toujours par détruire le don du monde : sa diversité et sa pluralité. Nous pouvons aussi être rattrapés par des tentations au repli sur soi. Le sur-individualisme est un démon. Il retoque sans cesse à la porte lorsqu’unehttps://www.politis.fr/articles/202… amitié ou un amour vient à se défaire, lorsqu’une une difficulté professionnelle et personnelle vient rompre une trajectoire qu’on imaginait déjà tracée.

La rencontre, c’est également accorder de la place à l’autre, humain comme non-humain. Il est encore plus difficile de s’ouvrir à un dialogue juste et solidaire avec le non-humain, ce grand impensé qu’il devient urgent de redécouvrir pour son agentivité et son droit, lui aussi, à fabriquer des mondes…
 
Finalement, la rencontre est une méthode pour donner à chaque citoyen la capacité de s’approprier l’espace public, de participer aux décisions collectives, de faire du territoire autant un droit d’usage qu’un devoir de relation. Faire des territoires un monde de liens semble ouvrir un chemin de randonnée bien complexe pour les sociétés humaines… Cultiver cette écologie relationnelle que nous appelons de nos vœux nous apparaît pourtant comme la seule voie pour allier cause sociale et environnementale en un horizon commun et partagé. C’est la promesse universelle de cultiver, dans les rues de nos territoires, les symboles de l’altérité.

  • Cette tribune a été initiée par :

- Flora Clodic-Tanguy, journaliste, accompagnatrice de projets engagés
- Damien Deville, géo-anthropologue et co-auteur de Toutes les couleurs de la Terre, Tana éditions, 2020.
- Pierre Spielewoy, juriste et anthropologue et co-auteur de Toutes les couleurs de la Terre

  • Premiers signataires :

- Léna Abbou, administratrice de la Fonda
- Jonathan Attias, désobéissance fertile
- Guillaume Bagnolini, médiateur scientifique et chercheur associé en philosophie au LISIS
- Rémi Beau, philosophe
- Dominique Bourg, philosophe
- Franck Calis, réalisateur
- Marine Calmet, juriste et présidente de Wild Legal
- Yves Cochet, président de l’Institut Momentum et ancien ministre de l’environnement
- Isabelle Dangerfield, actrice
- Cyril Debard, étudiant en philosophie
- Pascale d’Erm, auteure de Natura
- Kady Josiane Dicko, ingénieur en environnement et militante africaniste
- François Dubreuil, Unis pour le Climat
- Audrey Dufils, membre de la bascule, facilitatrice et formatrice en Intelligence Collective
- Andreas Eriksson, doctorant en psychologie sociale
- Malcom Ferdinand, philosophe et auteur d’Une écologie décoloniale, Seuil, 2019
- Mathieu Foudral, formateur en permaculture, Prise de Terre
- Didier Fradin, Compagnon de l’archipel de la transition
- François Gicqueau, militant écologiste, cofondateur de nature et conscience africaine
- Clotilde Géron, étudiante en anthropologie et égyptologie
- Anne Guillou, fondatrice de How Lucky We Are
- Guillaume Holsteyn, entrepreneur social
- Mathilde Imer, fondatrice des Gilets citoyens et coordinatrice de campagne chez On est prêt
- Vincent Laurent, consultant social média et producteur de TravailAuVert pour radio campus Toulouse
- Julien Lecaille, militant des communs et de la transition lillois
- Marc Lepelletier, producteur de Petit Manuel de résilience
- Julien Loyer, directeur général de Bleu Blanc Zèbre
- Flora Magnan, cofondatrice de Human Conet
- Pascale Osma, Collectif pour le climat
- Anne Pastor, journaliste
- Bruno Paternot, comédien
- Marie Pochon, déléguée générale de Notre Affaire à Tous
- Matthieu Ponchel, réalisateur et fondateur de Climat Social
- André Rebelo, cofondateur de climat social
- Yvan Saint-Jours, co-rédacteur en chef d’Yggdrasil
- Agnès Sinaï, auteure et cofondatrice de l’institut Momentum
- Alexia Soyeux, productrice du podcast Présages
- Alexis Tiouka, juriste, experts en droit des peuples autochtones
- Marion Véber, Fondation Danielle Mitterand
- Nicolas Voisin, coopérateur à La Suite du Monde
- L’Association Joinville les prés

Le texte a également été publié sur Politis.

Lettre N°2

Lettre N°2

Notre lettre N°2 avec un sondage sur l’aménagement de la départementale traversante.
Lettre pour Mazères-Lezons écologiste, solidaire et citoyenne N02_27

Mazères-Lezons
écologiste, solidaire et citoyenne

Lettre N°2 du 27/02/2020

Édito

Ça y est! la liste de 21 co-listiers et co-listières a été déposée ce matin en préfecture de Pau. Ce sont 21 personnes motivées et engagées pour défendre notre territoire et prendre soin des mazèroises et mazèrois.

C'est déjà une victoire pour la démocratie, et bientôt, si vous le voulez, ensemble, une victoire pour l'écologie et la solidarité.

Vous êtes toutes et tous invité.e.s à notre réunion publique pour la présentation officielle de notre liste et de notre programme le mardi 10 mars à la Salle Marcelle Courtois à 19h. Débattons et construisons ensemble notre village d'aujourd'hui et de demain.

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Je vous invite à découvrir notre programme en cliquant sur le lien ci-dessous.

Mazères-Lezons, écologiste, solidaire et citoyenne

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Pour une voie en sens unique sur la D37

Pour une voie en sens unique sur la D37

La départementale D37 qui traverse notre village de part en part est un véritable danger public! Certain.e.s voudraient l’aménager en gardant le double sens. Nous pensons qu’un sens unique, avec une double voies différenciées pour les vélos et trottoir agrémenté de banc seraient beaucoup plus en adéquation avec la volonté d’apaiser les circulations dans notre commune, bien sûr il faudrait aménager les rues parallèles pour l’autre sens. Qu’en pensez-vous?

Êtes-vous pour une voix unique sur la départementale qui traverse le village avec aménagement cycliste et piéton?

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Lettre N°1

Lettre N°1

Lettre N°1
Lettre pour Mazères-Lezons écologiste, solidaire et citoyenne N02_22

Mazères-Lezons
écologiste, solidaire et citoyenne

Lettre N°1 du 22/02/2020

Édito

Ce 22 février 2020, nous sommes à 22 jours du premier tour des élections municipales dans nos communes. Ici, à Mazères-Lezons, il n'y aura qu'un tour, puisque, a priori il n'y a que deux listes. C'est déjà une victoire pour la démocratie. Je vous propose de concrétiser cette réussite en votant pour notre engagement le 15 mars.

Il y a urgence écologique, sociale et démocratique. Ces trois piliers sont au cœur de notre démarche et de nos valeurs. Et c'est ici et maintenant que nous pouvons être les acteurs de ce changement. C'est ici et maintenant que se joue le futur de nos enfants, le bien vivre ensemble, notre santé et celle de nos ainé.e.s.

Le choix que nous vous proposons c'est celui de la raison, celui d'un monde où le vivant est au centre de nos préoccupations, et ce d'une manière inclusive et inconditionnelle.

Durant ces prochains jours nous partagerons dans ces lettres, nos réflexions et le retour des mazèroises et mazèrois que nous rencontrerons lors de nos tournées de porte-à-porte.


Si vous voulez aussi partager vos propositions, vos idées, vos aspirations, vous pouvez nous écrire en cliquant sur le bouton.

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Idéologie et écologie

Idéologie et écologie

Discours du 13 février 2020, Pau

Cher.e.s ami.e.s,

Nous vivons en ce moment dans un espace de profusion programmatique où les citoyens et citoyennes peuvent se perdre, où la confusion peut apparaître, dans des propos hors champ au risque d’une démobilisation démocratique.
Nous, partis de l’écologie politique, nous devons réexpliquer notre vision, affirmer notre singularité dans la diversité. Il est vrai que l’urgence climatique et ses désastres environnementaux et sociétaux ont braqué les projecteurs de l’actualité sur cette voie que nous empruntons depuis plus de 40 ans. Car qui d’autre a cet ADN qui propose de sortir du productivisme, de répudier les dogmes de la croissance, de redonner à la nature ses droits. De vivre tout simplement en harmonie pour chacun et chacune avec notre environnement.
De plus en plus de listes se rassemblent sous l’affirmation d’une identité écologiste, et c’est très bien. Mais l’écologie politique, si elle se veut accueillante, n’en ai pas moins exigeante. Elle se doit d’être cardinale.
À l’heure de l’urgence climatique, nous sommes de plus en plus d’accords pour dénoncer l’Ancien Monde productiviste et son système, où la démocratie dérape et n’est plus en adéquation avec les attentes et les besoins de notre Nouveau Monde.
Pour l’écologie politique, la réflexion privilégie les contraintes biophysiques ce qui est un avantage par rapport aux autres partis, car il y a un fondement scientifique à son approche. Les avancées sociales dépendent donc, de l’état des ressources naturelles et de sa bonne gestion. L’écologie est sociale, le contraire n’est pas toujours vrai. Le travail au sens de production et de croissance n’est pas, pour les écologistes une fin en soi, mais plutôt une impasse dangereuse. Nous prônons une autre voie, où l’attention au vivant et ce d’une manière naturelle et inclusive est le point le plus important.
Cela fait 40 ans que nous travaillons (avec le taux le plus élevé d’assiduité dans toutes les assemblées, à tous les échelons, de la commune à l’europe) sur cette urgence qui est devenue plurielle. L’expertise et la conscience sociétale qui en découle nous permettent de proposer et d’accompagner cette transformation fondamentale d’une manière sereine et transversale. Le changement de paradigme que nous proposons est profond, il nous faut maintenant pouvoir prendre le temps (et donc s’arrêter et choisir) pour décider :
Si nous formons le choix des anciens systèmes, par confort personnel, peur de l’avenir, espoir technologique, et vivre alors sous le dictat de l’argent et des inégalités qui sont de plus en plus fortes depuis les années 80 et ce dans toutes les démocraties (« Capital et idéologie » Thomas Piketty)
ou encore tomber dans le nationalisme exacerbé et sa haine de l’autre.
Ou si nous voulons vivre en harmonie dans une démocratie permanente et libre.
L’écologie politique est cette troisième voie, avec ce retour à notre monde naturel et nous n’en avons qu’un. Nos besoins sont tous issus de la nature d’une manière ou d’une autre que ce soit notre alimentation ou les terres rares indispensables à nos technologies. Nous savons maintenant que cette course à la technologie et à la consommation nous conduit à notre perte.
Et pourtant, les émissions de gaz à effet de serre augmentent d’année en année. La possibilité d’accéder aux recommandations du GIEC s’éloignent dans un horizon rougit aux couleurs des megas feux.
Alors, oui, mes ami.e.s, l’écologie politique est radicale, mais cette radicalité aussi bouleversante pour certains, n’en est pas moins heureuse et porteuse de joie.
L’homme est naturel, sans nier sa culture et sa singularité par rapport aux autres espèces vivantes (mais quelle autre espèce n’est pas non plus, singulière du blob aux grands mammifères). Ne faisons pas de nous le sommet de la pyramide, qui plus est une pyramide qui détruit sa base, ça na pas de sens.
L’écologie politique, c’est donc penser notre monde et toutes les actions et les relations que nous entretenons avec ce monde au travers de cette matrice systémique qui se doit être constitutionnelle.
Cela commence par le respect et la connaissance de nous-mêmes à partir de l’autre. Saint-Exupéry donnait cette définition : « L’humanisme s’est donné comme mission exclusive d’éclairer et de perpétuer la primauté de l’homme sur l’individu ».
C’est donc un changement radical des modes de gouvernances de l’individu à l’homme et à la femme puis au collectif que nous nous devons d’appliquer. Cet aspect se dessine très nettement dans les nouvelles associations et collectifs de citoyen.ne.s. Le pouvoir est destructeur, le confier à une seule personne est destructif. De nouvelles formes de gestion partager voient le jour, notre monde est en transformation, j’ai l’espoir que nous mûrissons pour une conjugaison harmonieuse et collective de notre raison et de notre nature.
Le progrès n’est plus synonyme de bonheur, le rapport entre nuisances des technologies actuelles et l’accroissement du bien-être est bien souvent énormément négatif, et ce depuis plus de 50 ans. Il nous fout changer de capital passer de l’économie à l’écologie, le capital économique est basé sur une nature gratuite, pourtant seule véritable et réelle richesse.
Que l’on soit collapsologue ou pas, nous assistons à une transformation par écocide et réaction en chaîne d’une manière exponentielle. Ces manifestations sont quotidiennes, elles nous touchent à présent, sur nos territoires, et ce de plus en plus fréquemment.
C’est maintenant dans cette optique qu’il nous faut aborder notre avenir, l’écologie politique a pour leitmotiv le bonheur des générations futures. S’il est maintenant un peu tard pour faire marche arrière il est urgent de se préparer pour une autre façon de vivre. Vers plus de proximité, d’attention à l’autre, de partage et de solution locale. Il nous faut plus que jamais avoir le courage et la cohérence de nos engagements.
Si nous ne sommes pas solubles dans les anciens partis, et pour citer Julien Bayou, notre SN, nous sommes pourtant populaire, éco féministe et profondément républicain. Nous devons dépasser les frontières de notre parti et sans ostracisme mais sans confusion nous devons bâtir le grand mouvement dont l’écologie politique a besoin.
Nous ne sommes pas une alternance mais une véritable alternative.
C’est pourquoi les élections territoriales, municipales, intercommunales, départementales sont la clé de voûte de ce changement. C’est ici et maintenant que nous proposons de vivre différemment. Sans doute beaucoup plus sobrement, mais beaucoup plus humainement. Les réponses, si elles sont globales, doivent commencer à notre échelle. Il nous faut nous structurer pour une alimentation autonome et naturelle, une indépendance énergétique et durable qu’il faut appréhender dans la sobriété. Un bien vivre ensemble pour toutes et tous, l’écologie politique est inclusive et ce d’une manière inconditionnelle.
Une économie circulaire et non basée sur la croissance, mais sur le bien vivre ensemble.
Des déplacements apaisés les plus locaux et les moins énergivores possible. Un travail partagé et choisi sur un rapport entre pénibilité, intérêt et rétribution en toute équité pour avoir du temps pour soi et pour les autres.
Des communs autogérés et partagés sans aucune discrimination ni stigmatisation.
Une démocratie permanente où la profondeur des débats et le respect de chacun.ne sont basés et actée sur une vision consensuelle commune et progressive pour une recherche d’harmonie universelle.
Enfin il nous faut rendre le statut de personne à la rivière de notre village comme à l’arbre de notre parc citadin.
Cette vision n’est pas qu’idéologique, elle se traduit concrètement où des communes et des villes prennent des initiatives dans ce sens, les alternatives sont bien réelles, il faut juste prendre ce soi-disant risque, « Ce qui nous est connu est suffisamment inquiétant pour que nous puissions accepter de courir le risque de l’inconnu. » Nous disait Romain Gary.
Je vous souhaite à toutes et tous de belles municipales.

Philippe Glorieux, Conseiller Fédéral EÉLV